L’enceinte de Philippe Auguste est l’une des premières grandes fortifications médiévales construites pour protéger Paris. À la fin du XIIᵉ siècle, la capitale connaît une croissance démographique et économique rapide. Philippe Auguste, roi de France de 1180 à 1223, décide alors de doter la ville d’une muraille digne d’une capitale. Les menaces extérieures, notamment anglaises, pèsent sur le royaume, et Paris doit se préparer à d’éventuels sièges. En 1190, avant de partir en croisade, le roi ordonne le lancement du chantier. La construction se déroule en deux grandes phases : d’abord la rive droite, puis la rive gauche.
La rive droite, plus exposée, est achevée vers 1209. La rive gauche, moins peuplée, est fortifiée un peu plus tard, vers 1215. La muraille mesurait environ 5 kilomètres de long et entourait une surface de 253 hectares. Elle comportait des tours circulaires espacées d’une trentaine de mètres. Ces tours servaient à renforcer la défense et permettaient de surveiller les alentours.
Les portes, comme la porte Saint-Honoré ou la porte Saint-Denis, permettaient l’accès à la ville. Elles jouaient un rôle crucial dans le contrôle des entrées et des échanges commerciaux. L’enceinte avait aussi une dimension symbolique : elle affirmait Paris comme capitale royale.
Au fil du temps, la ville continua de croître au-delà de ses limites. Au XIVᵉ siècle, l’enceinte devint insuffisante face à l’expansion urbaine. Charles V fit alors édifier une nouvelle muraille plus vaste, englobant de nouveaux quartiers. L’enceinte de Philippe Auguste perdit peu à peu son rôle militaire. À partir du XVIᵉ siècle, de nombreux pans furent détruits ou intégrés à l’urbanisme. La mémoire de l’enceinte s’effaça progressivement dans le paysage parisien.