Le 18 février 2026, Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, annonçait la suspension du projet de futur bâtiment d’accueil des visiteurs, ce dernier ne respectant pas les prescriptions du plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) du 7e arrondissement – notamment à cause de sa hauteur excessive et de la nécessité de creuser des espaces en sous-sol.
Rappelons que ce projet prévoyait la construction d’un bâtiment jouxtant la célèbre colonnade du Palais-Bourbon édifiée par Bernard Poyet entre 1806 et 1810 face à la Seine et dans l’axe du pont de la Concorde. Conçu par l’agence Moatti-Rivière, présentant une façade de verre simulant des colonnes, et destiné à abriter notamment un auditorium, une boutique et une cafétéria, ce bâtiment devait être édifié à l’emplacement de l’actuel pavillon d’accueil, construit en 1888 par l’architecte Edmond de Joly dans un style néoclassique en parfaite harmonie avec la façade du Palais-Bourbon. Rappelons également que ce dernier est situé dans le site patrimonial remarquable (SPR) du 7e arrondissement et fait partie du site des « rives de la Seine » inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.
Toutefois, le préfet d’Île-de-France a engagé en juillet 2025 une procédure de modification du PSMV – règlement d’urbanisme s’appliquant au sein du SPR – avec obligation de saisir la Ville de Paris, l’architecte des bâtiments de France (ABF) du secteur et la commission locale du site patrimonial remarquable (CLSPR). Or, au cours de la séance qui s’est tenue du 15 au 18 juillet 2026, le Conseil de Paris a émis un avis favorable au projet de modification du PSMV. Dans son exposé des motifs, Emmanuel Grégoire a considéré que « les constructions projetées s’inscrivent dans des gabarits proches de ceux des édifices existants et ont été conçues dans le respect des caractéristiques architecturales et patrimoniales du site », soulignant que le nouveau pavillon « reprend les principes de composition de la façade historique du Palais-Bourbon »…
Après consultation de l’ABF et de la CLSPR par le préfet d’Île-de-France, le projet de modification devra faire l’objet d’une enquête publique, puis être définitivement approuvé par arrêté du préfet.
Si nous ne discutons pas la nécessité pour l’Assemblée nationale d’améliorer les conditions d’accueil de ses visiteurs, ni le principe même d’une modification du PSMV – procédure prévue par le code de l’urbanisme –, nous demeurons résolument opposés au projet de l’agence Moatti-Rivière, qui brisera irrémédiablement l’harmonie d’un ensemble architectural exceptionnel.
Antoine Boulant




4 réflexions sur “Le projet de nouveau pavillon d’accueil de l’Assemblée nationale relancé”
Hideux, narcissique, honteux, inutile, dépense pharaonique à un moment où il faut se serrer la ceinture.
Tous les jours, on touche le fond de la destructuration de la politique et de la société française.
Requiem.
En termes d’esthétique, n’ayons pas peur des mots : c’est d’une laideur incommensurable. A moins d’être un inconditionnel des silos à grain, ou les tubes de lancement des missiles Polaris.
Hallucinant! Mais que fait-on donc de l’argent des français pour faire de telles abominations quand ils manquent de tout. Ça va mal finir, attention au peuple …
Bonjour
Je partage l’avis de Paris Historique
Cordialement